D'abord, ce film brillant qui tapisse l'oeil, embue le regard.

Et puis, une perle qui se forme juste sur le coin.

Elle roule, déroule un collier de ses semblables.

Elles deviennent ru et ensuite, ruisseau le long de la joue.

Puissent-elles devenir rivière ou mieux encore torrent

Mais l'heure n'est point encore venue.

Déjà le corps se tétanise, étouffe le sanglot jusqu'à la douleur.


Pourtant, un sourire s'esquisse sur cette bouche,

L'heure du dégel a sonné pour ces lèvres pétrifiées.

Bientôt, elles pourront s'ouvrir, retrouver une fragile mobilité

Puis s'exprimer, parler, vomir ces émotions revenues.

Mais il faudra encore apprivoiser le corps,

Lui dire qu'elles ne sont pas ennemies, 

Qu'il lui faudra les laisser s'envoler s'il ne veut plus souffrir,

S'il veut tout simplement vivre.