Elle dit les mots. Il ne les entend pas.

Elle cueille des bouquets de mots. Il ne les sent pas.

Elle pleure des mots. Il ne les voit pas.

Elle joue des mots. Il ne veut pas jouer.

Elle tait les mots. Il se mure dans le silence.

 

Les mots se muent en maux. Elle ne les dit pas.

Les maux harassent son corps. Elle ne les sent pas.

Les maux ont tu les émotions. Elle étouffe.

Les maux ont tari la source des mots. Elle n'y renonce pas.

Les maux figent les traits de son visage. Elle devient statue, prisonnière des mots que sa bouche pétrifiée ne peut plus prononcer.

Il voit les maux et se contente de dire : “Je sais que tu n'es pas heureuse avec moi mais j'aime te voir là, assise”.

 

Elle ne trouve pas les mots. Elle ne les trouve plus.

Ses lèvres de pierre sont scellées. Il le sait.

Alors, il parle, il parle et ne s'arrête plus. Ainsi, il aura fallu les maux dits, inutiles puisqu'ils ne sont plus des mots, pour qu'il retrouve le chemin du mot. Monologue assassin, cruel, hypocrite.

Son visage n'est même plus un miroir. Il est de pierre figeant toute expression dans un rictus de maux.

 

Maudits maux dits…