Dans le vestibule, corps d’ébène et âme de porcelaine, règne la pendule.

Funambule du temps.

Elle sonne les heures trop courtes d’un bonheur qui se voudrait éternel, qui souhaiterait que les grins de sable qui s’écoulent durcissent, masse compacte, pour que durent, encore et encore, ces doux moments. 

Elle égrène les minutes interminables de cette douleur qui n’en finit pas.  Qui semble vouloir durer toujours.

Même les secondes s’entêtent et se jouent de notre impatience à recevoir cette nouvelle que nous attendons avec impatience ou inquiétude ou les deux à la fois.  Ce moment de notre vie où tout peut basculer pour le meilleur ou pour le pire.

Serait-elle le maître de notre existence, le tyran de nos attentes, le glas d’un bonheur éphémère, cette pendule qui imperturbable nous toise de sa hauteur ?

Ce serait sans doute lui conférer un pouvoir qu’elle ne possède pas.  Qu’elle ne revendique pas.

Ce serait nous voiler la face.  Signer un acte de servitude.  Abdiquer notre responsabilité.

Et si nous la regardions en face, les yeux dans les aiguilles ?  Le visage contre la porcelaine blanche ?  Et si nous arrêtions le temps, l’espace d’un instant ? Si nous l’écoutions, vraiment, rien qu’une fois.  Une fois seulement.

Elle nous dirait qu’elle est là pour nous rappeler que nous sommes en vie.  Que peu importe, les heures qui passent, les minutes qui s’égrènent ou les secondes qui défilent.  Elle nous poserait simplement cette question : « Que fais-tu de ton temps ? ».