Un jour d'octobre gris et venteux. La pluie a cessé. Je profite de cette accalmie et gagne la plage déserte. J'aime la mer à cette époque de l'année.

J'enlève bottes et chaussettes pour goûter l'humidité du sable. Je me rapproche de la mer.

Elle est houleuse. Miroir du ciel, elle est grise. Les vagues sont ourlées d'une large écume jaunâtre.

Face à cette immensité agitée, je fixe les yeux sur l'horizon puis les pose doucement sur l'eau. Sensation de flottement. Ils se posent sur une vague et se laissent porter par elle, rebondissent. Il n'y a qu'à se laisser aller. Ils l'accompagnent, se soumettent à ses tourments. Ils ne s'en détachent pas.

Des larmes coulent d'abondance le long de mes joues. Le vent est particulièrement fort, trop fort pour la délicatesse de mes yeux. Pourtant, ils ne cillent pratiquement pas. Ils ne lâcheront pas prise. Avec elle, ils reviendront jusqu'à la plage où elle laissera, souvenir d'un voyage inoubliable, la trace d'une écume jaunâtre.